Dans la nuit du 8 au 9 janvier, la tempête Goretti a déferlé sur les côtes françaises, faisant reculer digues et fronts de mer. Entre Normandie et Picardie, la mer s’est invitée dans les maisons, laissant des villages sous le choc et des questions ouvertes.
Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2026, la tempête Goretti a soulevé la Manche et l’Atlantique au point de faire reculer les lignes de côte. Avec des rafales mesurées jusqu’à 213 km/h à Barfleur-Gatteville (Manche), vents et houle ont frappé de plein fouet les stations balnéaires déjà éprouvées par les coups de vent d’hiver.
Sur plusieurs fronts de mer de Normandie, de Picardie, de Bretagne et jusqu’à la côte basque, la mer a franchi parapets et digues de galets. Par endroits, elle a pénétré dans les rues puis dans les salons, laissant derrière elle galets, boue et installations électriques hors d’usage. Pour beaucoup d’habitants, ces dégâts sur le littoral marquent un tournant.
À Fécamp (Seine-Maritime), les vagues ont atteint 6 à 8 mètres selon TF1 Info, ont surplombé le muret du front de mer et projeté les galets jusque sur la chaussée. Des vitrines de restaurants en bord de plage ont éclaté, des portes d’immeubles ont cédé sous la pression de l’eau. "La mer est entrée dans la maison", a raconté un riverain interrogé par RTL, résumant le sentiment d’incrédulité sur place.
Plus au sud, Étretat a retrouvé ses promenades recouvertes de galets, avec des accès au front de mer fermés par précaution. Au Havre et à Sainte-Adresse, les rafales dépassant 150 km/h ont détérioré mobiliers urbains et enrobés en bord de plage, mobilisant en urgence les services techniques municipaux. Sur l’ensemble du littoral normand, la préfecture avait placé les côtes en vigilance vagues-submersion et vents violents, ce risque de submersion marine s’étant matérialisé au plus fort de la marée.
Sur la façade picarde, Cayeux-sur-Mer (Somme) illustre le danger propre aux digues de galets. D’après l’Action Agricole Picarde, une portion de cet ouvrage s’est affaissée, ouvrant un passage à la mer vers le centre-bourg. L’eau a atteint 40 à 50 cm sur certaines chaussées, a envahi caves, une habitation et une ferme, avec localement jusqu’à 1,50 m d’eau recensé dans une maison. Le SDIS 80 a reçu 525 appels et réalisé 203 interventions, alors qu’environ 8 000 foyers restaient privés d’électricité dans le département.
Plus au nord, à Ambleteuse (Pas-de-Calais), TF1 Info fait état d’une digue littorale entamée sur une dizaine de mètres, la mer venant lécher des zones habituellement protégées. Dans le même temps, Météocity a relevé des vagues pouvant atteindre 13 m sur certaines côtes bretonnes, tandis que des rafales autour de 130 km/h agitaient encore Biarritz le matin. Enedis évoque jusqu’à 380 000 foyers privés de courant au niveau national au plus fort de l’épisode, puis 176 000 sans électricité le vendredi soir et 95 000 le samedi matin.
Ce type de scène résulte d’un enchaînement précis : vents de sud-ouest très violents qui poussent la mer vers la côte, passage de la tempête Goretti au moment d’une marée déjà élevée, surcote qui fait gagner plusieurs dizaines de centimètres au niveau de la mer, puis paquets de mer franchissant parapets et digues. Les digues de galets, comme à Cayeux-sur-Mer, dispersent l’énergie des vagues mais peuvent se tasser et laisser une brèche. Quand l’urbanisation est construite juste derrière, la mer se retrouve immédiatement dans les rues, voire dans les pièces de vie au rez-de-chaussée.
Pour les habitants, l’après-tempête commence par le nettoyage de maisons saturées d’eau salée, de boue et de galets, puis par les démarches d’assurance. Les communes littorales déploient pelleteuses et tracteurs pour reconstruire les ouvrages, RTL évoquant par exemple 7 pelleteuses et une quinzaine de tracteurs mobilisés sur la digue de Cayeux. Les autorités rappellent aux sinistrés de couper l’électricité avant de réintégrer les logements, de documenter les dégâts par photos et vidéos, puis de contacter leur assureur et la mairie, la garantie Tempêtes, Grêle, Neige pouvant se compléter d’un dispositif catastrophe naturelle en fonction des arrêtés publiés.
2026-01-10T10:25:30Z