Depuis quelque temps, les trains ukrainiens sont devenus la nouvelle cible privilégiée de l'armée russe, qui cherche ainsi à court-circuiter la logistique ennemie et à nuire à son économie. Ces attaques, menées au-delà des lignes de front, ont également pour effet d'effrayer davantage une population déjà soumise à des bombardements réguliers. Ce mercredi 1er octobre, c'est un train roulant près de la ville de Bobrovytsia, dans l'oblast de Tchernihiv, à environ 160 kilomètres de la frontière russe, qui a été ciblé.
Selon le média ukrainien Militarnyi, c'est un drone de type Shahed qui aurait mené l'attaque grâce à une caméra de vision nocturne. Si l'utilisation de ces drones de conception iranienne est avérée, cela constituerait une avancée technologique militaire importante pour la Russie, car les Shahed «d'entrée de gamme» ne disposent pas de capacité de ciblage autonome et ne peuvent frapper que des cibles statiques.
En mars 2024, la Russie avait déjà installé des caméras et des modems cellulaires sur quelques Shahed, ce qui leur a vraisemblablement permis d'opérer une reconnaissance aérienne et de transmettre de l'imagerie par les réseaux sans fil ukrainiens.
Un autre mode opératoire n'est cependant pas à exclure et le média spécialisé en armement The War Zone relève qu'il serait également possible que la frappe soit due à une attaque de drones à courte portée contrôlés par des commandos derrière les lignes ennemies, même si l'hypothèse la plus probable reste celle du Shahed.
D'après les autorités ukrainiennes, l'attaque de mercredi n'a occasionné aucune victime, mais a privé d'électricité 26.000 personnes de la région et entraîné des retards de train. Depuis la fermeture des aéroports ukrainiens, le rail est devenu un élément essentiel des transports internationaux dans le pays, et constitue comme tel une cible de choix pour la Russie, qui a intensifié ses attaques contre les trains depuis l'été.
La Russie s'apprête à produire environ 5.000 Shahed par mois, ce qui démultiplierait considérablement sa force de frappe. Kiev a déjà signalé une hausse de 38% des attaques combinées de drones et de missiles russes en septembre par rapport à août, selon les données de l'armée de l'air ukrainienne analysées par ABC News: l'équivalent de 5.636 drones et de 187 missiles lancés en un seul mois.
2025-10-03T10:58:46Z