JO 2024: L’EAU DE LA SEINE DONNE DES SUEURS FROIDES

La qualité de l’eau de la Seine n’est toujours pas assez bonne pour permettre des épreuves de natation aux JO de Paris.

C’est une course contre la montre qu’ont entamée la préfecture d’Île-de-France et la Ville de Paris pour faire en sorte que la qualité des eaux de la Seine permette la tenue des épreuves olympiques et paralympiques. Les triathlètes sont censés plonger du pont Alexandre-III, à Paris, les 30, 31 juillet et 5 août (hommes, femmes et relais mixtes) pour 1 500 m de nage, puis la natation marathon les 8 et 9 août pour une épreuve de 10 km dans l’eau. Et enfin, les 1er et 2 septembre, le paratriathlon pour lequel les 750 m de natation se dérouleront dans la Seine.

Eau dégradée

Or, pour l’instant, « la qualité de l’eau reste dégradée », ont communiqué vendredi les autorités locales. Lors des analyses effectuées du 10 au 16 juin, les concentrations des deux bactéries recherchées (Escherichia coli et entérocoques intestinaux) demeurent supérieures aux normes autorisées. Pour l’E. Coli par exemple, au niveau de Bercy, sa concentration a parfois atteint et dépassé les 5 000 unités pour 100 ml, alors que le seuil maximum retenu par les fédérations internationales de triathlon et de natation est de mille unités.

Pour la préfecture et la Ville de Paris, cette situation s’explique par « le cumul de précipitations exceptionnel de ces derniers mois. Avec le fort débit de la Seine et les conditions météorologiques défavorables, le processus naturel d’élimination des bactéries lié à l’ensoleillement, à la chaleur, et à un débit estival », en principe plus réduit, « est très limité ».

Mais pour Michel Riottot, ancien ingénieur de recherche au CNRS et membre de France nature environnement (FNE), cette pollution de la Seine s’explique aussi parce qu’ « il y a encore de nombreux mauvais branchements non modifiés en Val-de-Marne et Seine-et-Marne ».

Le bassin de stockage suffisant ?

Du côté de la Ville de Paris, on continue néanmoins de croire que le plan Baignade mis en place pour ces Jeux - il doit aussi permettre au public de se baigner dans la Seine à partir de 2025 - va porter ses fruits. Les autorités comptent notamment sur le nouveau bassin de rétention des eaux, inauguré en mai. Construit en sous-sol, près de la gare d’Austerlitz, pour environ 100 millions d’euros, ce cylindre de 30 m de profondeur, a une capacité de stockage de 50 000 m3. Il a pour mission de limiter le rejet, dans le fleuve, des eaux polluées issues des égouts, en cas de fortes précipitations.

Bassin en service

Or, pour la première fois, cet immense bassin a été mis en service mardi 18 juin. « Ce sont 40 millions de litres d’eau (40 000 m3) qui ont été stockés et n’ont pas été déversés dans la Seine », indiquait Pierre Rabadan, l’adjoint aux sports de la Ville de Paris, cette semaine à L’Équipe. Une « goutte d’eau », pour Michel Riottot de FNE. Dans l’hypothèse où 20 mm de pluie tomberaient à Paris, en quelques heures, cela générerait deux millions de mètres cubes d’eau dont 1,4 million filerait vers les égouts « qui reçoivent déjà les eaux usées parisiennes ». Le système actuel (égouts, réservoirs et bassins) « peut contenir 1,9 million de mètres cubes ». Au-dessus, les déversoirs s’ouvrent et libèrent le trop-plein dans la Seine…

Autrement dit, sans une météo clémente, les eaux de la Seine pourraient jouer un sale tour aux Jeux de Paris.

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