La canicule n’arrête pas les bonnes volontés. Lors de sa dernière assemblée générale, mi-juin, la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité (S2LH) avait annoncé vouloir poursuivre son action pour améliorer la distribution du journal auprès de La Poste. Elle n’aura pas attendu la rentrée, sollicitant une rencontre le 8 juillet dernier afin de « créer un cadre de discussion entre les services de l’Humanité et ceux de la Poste pour travailler en commun à (cette) amélioration ».
Depuis plusieurs années, la livraison de la presse, quotidienne essentiellement, à ses abonnés, est défaillante. Nombre d’abonnés de l’Humanité en font les frais, ce qui peut parfois provoquer des désabonnements si la réception de leur journal est trop aléatoire… Or c’est « une mission de service public », rappelle Hervé Bramy, président de la S2LH : « L’État se doit de donner les moyens à La Poste d’assurer ce service universel au service du pluralisme. »
La Société des lecteurs avait déjà rencontré l’an dernier la direction de la Poste pour aborder ce problème. « La réponse avait été de renvoyer les lectrices et lecteurs mécontents vers le 3631 », un numéro gratuit créé pour les usagers de La Poste, rappelle Hervé Bramy. Hélas lui aussi est à améliorer, déplore-t-il : au bout du fil, c’est une intelligence artificielle qui décroche, « une boîte vocale » chargée d’enregistrer les problèmes rencontrés. « Cela entraîne, chez certains lecteurs, un renoncement, ne permettant pas d’aller jusqu’au bout de la démarche. » À l’appui de sa démonstration, la S2LH a fourni à La Poste un document recensant 400 mails de lectrices et lecteurs ayant eu recours au 3631 sans avoir obtenu satisfaction. Ces messages permettent de « prendre conscience de la peine et du mécontentement engendrés ».
De son côté, La Poste adopte la même ligne de défense que ces dernières années. Les cas recensés seraient « ponctuels » – ce que la S2LH réfute preuve à l’appui. Selon le service public, l’ensemble de la chaîne peut être mis en défaut : entre l’Humanité et le facteur, plusieurs autres acteurs interviennent et peuvent générer un problème aboutissant à la non-livraison du journal, estime la direction. Une manière de ne pas s’interroger sur ses propres défaillances ? Elle évoque enfin à son crédit une réorganisation des tournées des postiers pour s’adapter aux baisses de courrier, mais là encore la S2LH pointe deux problèmes : il s’agirait d’abord de « gérer le manque de personnel », ensuite d’avaliser cette baisse du courrier par rapport aux colis, dont la distribution est privilégiée par l’entreprise publique au détriment de la presse.
Si La Poste ne s’est pour l’instant engagée sur rien, Hervé Bramy est au moins satisfait qu’une ligne de communication soit ouverte. Mais il convient de ne pas baisser les armes : « Nous invitons les lecteurs à aller jusqu’au bout de la démarche pour que les réclamations au 3631 soient prises en compte, et de continuer à écrire à la S2LH pour nous avertir des démarches effectuées. » Ainsi la détermination de l’association, qui soutient le développement du journal, trouvera, espère-t-il, un écho plus fort.
Grégory Marin
2025-07-12T09:13:54Z