Ancien joueur de l’AJ Auxerre, Jean-Luc Courtet doit fêter cette année son quart de siècle à la tête du club de Pontarlier, pensionnaire de National 3. Il y a quinze jours, il a disputé son 800e match sur le banc du club doubiste. Une longévité rare dans le football moderne.
S’il devrait pouvoir égaler les 26 ans passés par Alex Ferguson à la tête de Manchester United, il aura en revanche du mal à rejoindre Guy Roux dans les annales du football français. L’ancien instituteur a en effet passé 44 ans à la tête de l’AJ Auxerre, en faisant l’un des clubs phares de l’Hexagone avec un titre de champion de France et quatre succès en Coupe de France.
« Guy Roux, la patience dont il a fait preuve, c’est fantastique. Alors je ne me comparerais pas à Guy Roux, parce que je ne suis pas dans un club professionnel, a confié l’ancien attaquant, passé par Auxerre donc, mais également Clermont, Le Havre ou Sedan. Pour l’avoir connu à Auxerre, je trouvais que ce qu’il faisait avait vraiment du sens. Si j’avais vraiment été meilleur, j’aurais aimé continuer avec lui. »
Guy Roux a inévitablement influencé ses anciens joueurs dans leur travail de coach. « Toute la semaine, je suis au club pour les seniors bien sûr. Après, j’ai un œil sur les équipes de jeunes, même si je suis moins sur les terrains avec eux. Mais ma semaine, c’est aussi laver les maillots le lundi matin, a raconté Jean-Luc Courtet. Je gère aussi les transports pour les collégiens et les lycéens. Le week-end, je suis bien sûr avec mon équipe de N3, mais je vais aussi voir les matchs des jeunes. » Un investissement qui n’est pas sans rappeler celui de l’ancien technicien icaunais.
Joueur emblématique de l’AJA, Corentin Martins a été marqué au fer rouge par ses années passées sous les ordres de Guy Roux. « Ce que j’en ai retenu dans mon travail de coach, c’est de garder un peu de souplesse dans la façon de diriger, a-t-il expliqué. Guy Roux savait retourner la situation à son avantage. Tu arrivais mécontent, tu discutais avec lui, tu repartais content. »
« La longévité de Guy Roux à Auxerre est exceptionnelle. C’est un record qui semble inatteignable aujourd’hui. Il a été l’homme de l’AJA, qui a fait ce club, autant sur le terrain qu’en dehors. C’était un technicien hors pair mais également un incroyable meneur d’homme », a également raconté par le passé Taribo West, autre ancien joueur de l'AJA.
Pourtant, à en croire le premier intéressé, Guy Roux aurait pu voir son aventure à Auxerre s’arrêter avant. « Tout s’est fait naturellement. C’est mon histoire. J’ai failli tomber une année de première division en 2000, j’étais à un moment mal classé, on n’arrivait plus à gagner. Tout le monde m’avait laissé tomber, y compris Gérard. Il voulait ma tête mais mon président (Jean-Claude Hamel, NDLR) a tenu le choc. Après ça, j’ai connu quatre années de rêve avec deux coupes de France et quatre participations en coupe d’Europe. »
2026-01-24T04:49:48Z